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La semaine d’orientation est souvent considérée comme le début non officiel de la vie universitaire au Canada. Si vous entamez votre première année à l’université, vous connaissez probablement tout ce qu’elle implique : événements de bienvenue, nouvelles personnes, collations gratuites, articles promotionnels, horaires chargés et toute une dose d’énergie.
Mais au-delà du plaisir et des publications sur Instagram, la semaine d’orientation est aussi votre premier réel avant-goût de la vie universitaire. Et bien que les activités de la semaine soient conçues pour être informatives et amusantes, il est tout à fait normal d’éprouver de la nervosité, de l’incertitude ou même un certain sentiment d’égarement.
Alors si vous vous préparez pour votre première semaine sur le campus, voici tout ce que vous devez savoir à propos de la semaine d’orientation.
Les vraies amitiés se développent avec le temps. Ne vous en faites pas si elles tardent à se manifester.
La semaine d’orientation, c’est plus que des jeux et du divertissement
Il ne fait aucun doute que la semaine d’orientation est conçue pour être stimulante. Entre les événements d’accueil, les activités sociales thématiques et les occasions de briser la glace, votre calendrier se remplira probablement rapidement. Mais au-delà du plaisir, sachez que cette semaine vous permettra également de vous familiariser avec le fonctionnement de la vie universitaire.
C’est cette semaine que vous commencerez à comprendre les rouages de la vie étudiante. Qu’il s’agisse de vous y retrouver dans votre horaire ou de déterminer vers qui se tourner pour obtenir de l’aide, vous découvrirez tout ce dont vous avez besoin pour réussir par la suite. Vous ferez probablement ce qui suit :
- Récupérer votre carte étudiante et apprendre à utiliser le portail de votre université
- Apprendre à lire et à comprendre votre horaire
- Découvrir où se trouvent les salles de cours, les espaces d’étude et les services de soutien
- Découvrir comment obtenir du soutien technique, des conseils sur les études ou des services de counseling, au besoin
Ces premières étapes sont nécessaires et vous faciliteront la vie.
Vérifiez également si votre université offre des séances facultatives sur des sujets utiles comme l’établissement d’un budget ou sur la gestion du stress ou du temps. Ce n’est peut-être pas ce qu’il y a de plus palpitant, mais ça peut vraiment vous simplifier la vie par la suite.
Vous n’avez pas besoin de nouer des amitiés dès le premier jour
On croit souvent à tort que tout le monde noue des amitiés durables pendant la semaine d’orientation. Mais la vérité, c’est que la plupart des gens n’y rencontrent pas leurs meilleurs amis et amies. Vous pourriez y rencontrer des personnes avec qui vous avez des affinités… ou pas. Dans tous les cas, c’est tout à fait normal. Les amitiés durables naissent souvent de cours en commun, de séances d’étude tardives ou au terme de mois de fréquentation.
Les vraies amitiés se développent avec le temps. Ne vous en faites pas si elles tardent à se manifester.
Il est normal de ne pas savoir où aller
La plupart des étudiantes et des étudiants s’égarent à un certain moment pendant la semaine d’orientation, et pas seulement sur le campus. La semaine peut être éprouvante sur le plan émotionnel. Vous pourriez vous retrouver dans le mauvais immeuble, avoir du mal à trouver la bibliothèque ou même remettre en question votre choix de programme. Tout cela fait partie de l’expérience. Profitez de cette semaine pour :
- vous promener sur le campus et explorer les lieux sans stress;
- demander de l’aide, car la plupart des gens seront heureux de vous orienter dans la bonne direction;
- visiter les endroits où vous devrez retourner plus tard : services à la population étudiante, services d’orientation, coins tranquilles pour étudier.
Vous vous sentirez plus à l’aise lorsque vous connaîtrez mieux les lieux.
Les conseillères et conseillers en orientation comprennent ce que vous vivez
Ces personnes bruyantes et animées qui mènent votre groupe ont déjà été à votre place : dépassées, incertaines et même nostalgiques. Ainsi, elles peuvent :
- recommander des professeures et professeurs, des cours à option et des restaurants abordables sur le campus ou à proximité;
- vous donner des conseils pour traverser les trimestres difficiles;
- dissiper les doutes que vous pourriez avoir.
N’hésitez pas à leur poser des questions. Elles sont là pour vous aider.
Vous avez le droit de dire « Non merci »
Quand les activités se succèdent sans pause, on peut avoir l’impression de devoir tout faire. Mais ce n’est vraiment pas le cas. La semaine d’orientation n’est pas une liste de tâches à accomplir, mais une occasion de trouver son propre rythme. Vous avez le droit de :
- manquer une fête et relaxer dans votre chambre;
- refuser de participer à une activité qui ne vous plaît pas;
- choisir d’éviter les foules lorsque vous avez besoin de faire le plein d’énergie.
Établir des limites dès le début vous servira pendant tout votre parcours universitaire. Vous n’avez pas besoin de tout faire pour tirer le meilleur parti de la semaine.
Les cours, les amitiés et les habitudes viendront en leur temps. Allez-y une étape à la fois. Et sachez qu’il est tout à fait normal de ne pas connaître toutes les réponses immédiatement.
Une semaine ne détermine pas toute votre expérience universitaire
Certaines personnes passent de très bons moments pendant la semaine d’orientation. D’autres se sentent mal à l’aise, dépassées ou confuses. Que vous en aimiez chaque minute ou que vous la traversiez avec difficulté, sachez que cette semaine ne définira pas l’ensemble de votre expérience. Si vous n’appréciez pas chaque seconde, cela ne veut pas dire que vous avez choisi la mauvaise université ou que les choses ne s’amélioreront pas. Vous finirez par trouver votre rythme.
Vous n’avez pas besoin d’avoir toutes les réponses
L’entrée à l’université est un grand changement et il est normal d’éprouver de la fébrilité et de la nervosité. Il est aussi parfaitement normal de ne pas savoir où aller, à quelles activités participer ou comment se sentir. Personne ne commence l’université avec un plan parfaitement défini. La semaine d’orientation peut vous faire vivre beaucoup de premières fois :
- Premier séjour loin de la maison
- Première expérience de liberté et de responsabilité
- Premier moment de réflexion et de remise en question de ses capacités
La vérité, c’est que vous n’avez pas besoin d’avoir toutes les réponses. Personne ne les a. Si vous abordez la semaine d’orientation avec un mélange d’enthousiasme, de curiosité et un peu d’anxiété, vous êtes sur la bonne voie. Demandez de l’aide lorsque vous en avez besoin. Reposez-vous lorsque vous en avez besoin. Essayez de nouvelles choses à votre propre rythme et abordez les gens lorsque le temps sera venu.
Que vous mettiez le pied sur le campus pour la première fois ou que vous y reveniez en force, la semaine d’orientation est l’occasion d’explorer. Personne ne s’attend à ce que vous ayez tout assimilé une fois la semaine terminée. Les cours, les amitiés et les habitudes viendront en leur temps. Allez-y une étape à la fois. Et sachez qu’il est tout à fait normal de ne pas connaître toutes les réponses immédiatement.
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À mes débuts à l’université, je souhaitais secrètement un nouveau départ.
Ce n’est pas que mon passage à l’école secondaire a été marqué par le harcèlement ou d’autres drames. Simplement, je ne trouvais pas ma place. J’errais d’un groupe à l’autre, je passais ma pause-dîner à la bibliothèque... J’avais souvent l’impression d’assister à une scène sans en faire partie. Je me disais : « À l’université, ce sera différent. » Sans plan précis, je me raccrochais à cet espoir.
Et nouveau départ il y eut. Mais le changement n’est pas arrivé du jour au lendemain. J’ai d’abord vécu de petits moments – provoqués ou non – qui m’ont fait sentir qu’on me voyait, qu’on m’incluait, et qu’on fraternisait avec moi.
L’une de mes premières surprises a été de constater qu’à l’université, personne ne se soucie de ce qu’on a pu être à l’école secondaire. On remettait les compteurs à zéro, personne ne se connaissait, et beaucoup souhaitaient se réinventer. Durant l’orientation, quelqu’un m’a dit : « J’étais très timide au secondaire. J’essaie ici de sortir un peu plus de ma coquille, alors merci de ton indulgence. » Ça m’est resté en tête. Pour la première fois, je voyais quelqu’un qui tentait, tout comme moi, de trouver sa voie. Je me suis alors permis, moi aussi, d’essayer des choses.
J’ai senti qu’on m’accueillait sans que j’aie à m’illustrer ou à impressionner. Ma présence suffisait.
Les premières semaines étaient à la fois bizarres et étonnamment pleines de sens. Tout le monde montrait de l’ouverture, de la curiosité et une volonté de nouer des liens. J’ai fait l’effort de participer à une activité d’accueil, soit celle organisée par le Bureau de l’expérience étudiante. Même si j’ai bien failli me désister, cet événement a marqué un tournant. J’ai pu y discuter avec une personne qui déteste les activités brise-glace autant que moi, et notre amitié perdure depuis ce jour-là. Ça m’a rappelé qu’une amitié peut naître sans présentation parfaite et qu’il suffit parfois d’une gêne commune pour tisser un lien.
J’ai alors commencé à faire de petits gestes pour rencontrer des personnes. J’ai salué quelqu’un dans un cours. J’ai intégré un club qui m’intéressait. Et surtout, j’ai arrêté d’éprouver du malaise face aux activités sur le campus. Les activités de vie étudiante et les clubs servent à bien plus que passer le temps : c’est l’occasion de se trouver des affinités avec d’autres personnes. En intégrant le journal étudiant, j’ai fait la connaissance d’étudiantes et d’étudiants passionnés, créatifs et aimables, et j’ai senti qu’on m’accueillait sans que j’aie à m’illustrer ou à impressionner. Ma présence suffisait.
Ce ne fut pas toujours facile. Il n’est pas nécessairement naturel pour un adulte de nouer de nouvelles amitiés. Il n’y a pas de places désignées ou de projets en groupe pour forcer les interactions. Il faut une pincée de courage, peut-être un peu de maladresse et la volonté d’engager des conversations qui risquent de ne mener nulle part. J’ai commencé avec des questions simples comme « Connais-tu ce professeur? » ou encore « Est-ce que la place est libre? ». C’était suffisant pour que, parfois, une amitié naisse.
Je ne m’attendais pas à ce que lier de véritables amitiés soit si long. Ça ne se passe pas comme dans les films, où l’héroïne trouve sa meilleure amie dès la première semaine. Il faut du temps. Mais j’ai persévéré, me présentant aux réunions de club, en classe, aux activités en résidence... Au fil du temps, certains visages sont devenus familiers. Les visages familiers sont devenus des connaissances. Et les connaissances sont devenues des amitiés. Certaines personnes que j’avais à peine remarquées en septembre faisaient partie de mes amis les plus proches au printemps.
Nul besoin de se réinventer ou de devenir un moulin à paroles. Il suffit de rester soi-même, et de trouver le courage d’essayer.
Maintenant que je suis en quatrième année, même si j’ai un réseau très soudé, il m’arrive encore de chercher ma place. Mais j’ai appris qu’une solitude occasionnelle n’a rien à voir avec l’échec. C’est tout simplement le propre de l’humain. Tout le monde évolue à sa manière, même ceux qui affichent une confiance absolue.
À celles et ceux qui arrivent à l’université avec le même sentiment qui m’habitait, en espérant améliorer les choses, sachez que vous n’êtes pas seuls. Il y a des personnes sur le campus qui veulent elles aussi tisser des liens. J’ai réussi en prenant de petits risques, en tolérant le malaise et en disant « oui » plus souvent que « non ».
Nul besoin de se réinventer ou de devenir un moulin à paroles. Il suffit de rester soi-même, et de trouver le courage d’essayer.
Votre réseau vous attend. Ne renoncez pas.
Vous y arriverez!
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string(95) "Votre passage au secondaire a été solitaire? Voici comment nouer des liens à l’université"
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Par Nana Haidara, Université d’Ottawa
Commencer l’université à 16 ans n’a pas été facile. C’était à la fois enthousiasmant et extrêmement stressant. J’étais plus jeune que la plupart de mes camarades, et beaucoup d’événements étaient réservés aux 17 ans et plus. Je me demandais sans cesse : mais qu’est-ce que je fais ici? Est-ce que j’aurais dû prendre une année sabbatique? Devrais-je mentir sur mon âge pour m’intégrer et éviter qu’on me traite comme une petite fille?
Je remettais en question chacune de mes décisions, tant dans ma vie personnelle que scolaire. C’est vraiment difficile, parce que dans mon cas, le syndrome de l’imposteur apparaît et disparaît de manière tout à fait imprévisible. Certains jours, il surgit sans prévenir, et d’autres, il me laisse tranquille.
Le syndrome de l’imposteur se manifeste souvent dans de nouveaux environnements. Ce n’est pas seulement une question d’âge; il s’installe dès qu’on s’inquiète du regard des autres, qu’on ressasse ses faits et gestes et qu’on doute de soi. À l’université, je le ressens surtout quand je compare mes notes à celles de mes camarades ou que je fonde ma valeur sur les commentaires de mes professeures et professeurs. C’est normal de vouloir de la rétroaction, surtout au début; mais fonder son estime de soi sur cette reconnaissance universitaire peut vite devenir malsain.
Il est tentant de s’enfermer dans sa routine pour fuir l’inconfort lié aux nouvelles expériences.
Il est tentant de s’enfermer dans sa routine pour fuir l’inconfort lié aux nouvelles expériences. Mais ne laissez pas le syndrome de l’imposteur vous empêcher d’explorer. C’est peut-être un cliché éculé, mais c’est vrai : l’erreur est humaine. L’université n’est qu’un point de départ pour apprendre à se connaître et à découvrir ses propres limites. N’ayez pas peur de vous lancer.
En tant qu’étudiante internationale, je ne comprends que trop bien la pression de performance, puisque mes proches me soutiennent et comptent sur moi depuis l’étranger. La pression d’être source de fierté, de garder le contact, de les inclure dans mes décisions et d’y puiser ma motivation peut vite devenir écrasante. Vous risquez de vivre la même chose si vous venez d’une petite ville canadienne et êtes la première personne de votre famille à étudier dans une grande ville. Sachez qu’il y a d’autres gens qui se sentent comme vous, et n’oubliez pas qu’il y a une raison à votre présence ici.
J’ai récemment compris à quel point les médias sociaux amplifiaient mon syndrome de l’imposteur en me donnant l’impression de ne pas être à ma place. Je comparais sans cesse mon expérience universitaire à ce que je voyais dans les vlogues ou même dans les films – et quand ma vie ne leur ressemblait pas, je devenais très dure envers moi-même. Le problème, c’est qu’on y voit une version parfaite ou idéalisée de la vie universitaire, souvent bien loin de la réalité. Derrière un stage prestigieux ou un poste de recherche convoité, il y a parfois des sacrifices dont on n’entend jamais parler. L’université vous donne l’occasion d’avancer à votre propre rythme, que vous terminiez votre programme en trois ans ou en cinq. Il n’y a pas de mal à changer d’avis, de programme ou d’allure. Je ne le répéterai jamais assez : l’université n’est qu’un point de départ pour apprendre à se connaître, même si vous avez parfois l’impression de ne pas être à votre place. Dites-vous que l’entrée à l’université, c’est un peu comme la première fois qu’on met les pieds dans un centre de conditionnement physique : on a l’impression que tout le monde nous regarde et nous juge. En réalité, les autres ne font pas attention à nous… ou se réjouissent de voir un nouveau visage.
Inutile de se mettre une pression supplémentaire en visant la perfection; cette tendance peut rapidement devenir toxique.
Pour surmonter le syndrome de l’imposteur, j’ai dû me forcer à paraître sûre de moi en toutes circonstances jusqu’à ce que je le devienne réellement. Transformez vos pensées négatives en affirmations positives, même si vous ne les croyez pas. Félicitez-vous de vos efforts. Ce qui m’a aussi beaucoup aidée, c’est de tenir un journal vidéo. Certaines personnes préfèrent l’écriture, mais je trouvais que ce format me permettait d’exprimer pleinement ce que je ressentais et, plus tard, de revoir ces émotions à l’état brut.
Avec le recul, j’ai compris que j’étais tellement dure envers moi-même que j’en oubliais d’apprécier mes progrès. Même si je n’étais pas la meilleure de ma classe, je continuais d’avancer et de donner le meilleur de moi-même – et c’était déjà largement suffisant. Lorsqu’on étudie à l’université, il faut célébrer les petites victoires. Inutile de se mettre une pression supplémentaire en visant la perfection; cette tendance peut rapidement devenir toxique. Rappelez-vous : votre légitimité, votre confiance en vous et votre sentiment d’appartenance ne dépendent ni de l’opinion du corps professoral ni de votre moyenne. Prenez le temps de mesurer le chemin parcouru et d’imaginer tout ce que vous pouvez encore accomplir en essayant de nouvelles choses. Ne laissez pas le syndrome de l’imposteur envahir votre vie.
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